• Le 05 octobre 2017

Des chercheurs du Centre Atlantique de philosophie (CAPHI - Université de Nantes), du CHU de Nantes et du laboratoire d’éthologie animale et humaine de l’Université de Rennes 1 (EthoS) mènent une étude novatrice et inédite autour de la question de la prise en compte des comportements des enfants dans le contexte difficile de la réanimation pédiatrique. Abordée par le prisme de l’interdisciplinarité (médecine, sciences humaines et sociales, sciences de la vie), cette étude permettra d’améliorer la prise en charge des patients et de leurs familles.

Ethique : la question de l’autonomie de l’enfant face aux soins au cœur d’une étude nantaisePar des pleurs, une grimace ou quelques mots, les jeunes enfants expriment à leur manière leurs peurs et  leurs angoisses face aux soins en milieu hospitalier. "Ces expressions posent des questions morales et éthiques au personnel soignant confronté à ces situations : comment les comprendre et les interpréter dans les choix thérapeutiques ? L’enfant doit-il être acteur des choix et être associé à la prise de décision ?" explique Guillaume Durand, chercheur au Centre Atlantique de philosophie (CAPHI). "Notre ambition est d’évaluer la prise en compte de ces expressions dans les décisions cliniques et éthiques."

"Les expressions de l'enfant face aux soins en milieu hospitalier posent des questions
morales et éthiques au personnel soignant"
Guillaume Durand


Une équipe interdisciplinaire alliant des cliniciens, médecins, chercheurs en sciences humaines et sociales (philosophe, juriste, psychologue, sociologue), chercheurs en sciences de la vie (éthologues) s’est créée pour travailler sur cette "parole" de l’enfant. "Par 'parole', on entend tous les moyens par lesquels il peut s’exprimer", souligne Guillaume Durand. "Notre travail va d’abord être d’élaborer un inventaire comportemental permettant de décrire l’intolérance et/ou opposition aux soins du patient."

Une série d’entretiens auprès des différents acteurs concernés (soignants, parents, enfants) et une observation éthologique d’un échantillon de patients représentatifs permettront de mieux cerner ces expressions. Les chercheurs essaieront également d’identifier les facteurs socio-démographiques et cliniques pouvant avoir une influence. Les résultats de cette étude permettront de sensibiliser les professionnels de santé mais aussi la société civile à une meilleure prise en compte des comportements dans la mise en œuvre du parcours de soins et permettre une meilleure qualité de vie au travail pour les personnels soignants.