• Le 13 juin 2017

Les chercheurs du laboratoire Sarcomes osseux et remodelage des tissus calcifiés (Phys-Os - UMR 1238 Université de Nantes / Inserm) ont fait une nouvelle avancée dans le domaine des maladies articulaires. Parmi les protéines régulatrices de notre système immunitaire, l’une d’elles (IL-38) pourrait constituer un candidat médicament pour le traitement des rhumatismes inflammatoires. Les premiers tests réalisés seront complétés avant d’envisager un potentiel usage thérapeutique chez l’homme.

Mal au dos, rhumatismes ou encore douleurs musculaires chroniques, les maladies articulaires ne cessent de nous faire souffrir. "Ces pathologies résultent le plus souvent de phénomènes auto-immunes et/ou auto-inflammatoires qui peuvent aller jusqu'à la destruction des tissus cartilagineux et osseux", résume Frédéric Blanchard, directeur de recherche (DR2) Inserm au laboratoire Sarcomes osseux et remodelage des tissus calcifiés (Phys-Os).

Les protéines régulatrices présentes dans notre système immunitaire (les cytokines) jouent un rôle non négligeable dans le développement et la régulation de ces pathologies. "Il est aujourd'hui difficile de savoir comment se comporte telle ou telle protéine, quel est son rôle, son impact. Certaines sont plutôt pro-inflammatoires, d'autres anti-inflammatoires..."

Pour répondre à cette problématique, les chercheurs nantais se sont particulièrement intéressés à l'une des protéines les plus récentes (l'interleukine 38) dont le rôle exact dans le corps humain n'est pas encore tout à fait bien cerné par les scientifiques. S'appuyant sur plusieurs tests et expérimentations, les chercheurs du laboratoire Sarcomes osseux et remodelage des tissus calcifiés (Phys-Os) ont pu identifier les cellules permettant à l'IL-38 de jouer son rôle anti-inflammatoire.

"On peut penser que le rôle de cette protéine varie selon les maladies articulaires, mais pour certaines d'entre elles, elle pourrait potentiellement soulager les patients". Au vu de l'ensemble des résultats, les chercheurs pensent aujourd'hui pouvoir l'utiliser pour le traitement d'une pathologie bien particulière : le rhumatisme psoriasique. "C'est une possibilité, mais avant d'envisager une telle application, il faudra compléter ces travaux pour comprendre parfaitement le mécanisme d'action et les cibles qu'utilise IL-38 pour agir", conclut Frédéric Blanchard.